vendredi 30 octobre 2009

Trois plus trois = Réintégration


Marie Madeleine DAVY dans son "Initiation à la symbolique romane"(1) évoque la conception trinitaire de St Bernard non étrangère aux instructions du Rite Ecossais Rectifié :

"La Trinité a créé une sorte de trinité à son image et à sa ressemblance. Cette trinité de l'homme(2), pour répondre à sa fin et être heureuse aurait dû demeurer en Dieu et s'unir à lui (...). Par un mouvement de sa volonté propre la trinité de l'homme créée par Dieu est tombée dans une trinité contraire : de la puissance, de la sagesse et de la pureté, elle a été précipitée dans la faiblesse, l'aveuglement et l'impureté. Sa mémoire est devenue impuissante et infirme, sa raison imprudente et ténébreuse, et sa volonté impure, car cette mémoire, cette raison et cette volonté ont opéré une triple chute."

St Bernard énumère pour chacun de ces principes une triple division. Pour la mémoire les pensées affectueuses (recherche du nécessaire pour vivre), onéreuses (préoccupations extérieures pénibles) et oiseuses qui ni n'affectent ni ne chargent l'existence mais détournent de "la contemplation des choses éternelles".
Pour la raison, la triple chute est de l'ordre de la perte de "l'éthique ou science de la morale, la logique et science de l'observation, la physique ou science de la nature".
Pour la volonté, "sa ruine est triple aussi, elle est tombée des hauteurs de la bonté et de la pureté dans les bas-fonds de la concupiscence de la chair, des yeux et dans l'ambition du siècle (cf I Jean II, 16)."

St Bernard cité par M.M. Davy évoque un peu plus loin(3) la condition de l'homme pécheur pêché (repêché) par la Sainte Trinité : "C'est ainsi que le Fils de Dieu a été envoyé par son Père : il est venu et il a donné aux hommes la foi. Puis l'Esprit Saint est venu à son tour et il a donné la charité. Avec la foi et la charité, l'homme a conçu l'espérance de retourner vers le Père. Et ces vertus théologales unies l'une à l'autre ont formé comme une espèce de trident que la Trinité a lancé dans le fond de l'abîme pour ramener la pauvre trinité déchue."

Notre monde, matériel, prison pour les âmes, survit de sa propre corruption, au grand bonheur des esprits d'en-bas qui conservent leur lieu d'exil (donc leur liberté rebelle) et les véhicules prévaricateurs que nous sommes (donc une assurance sur la pérennité). Et si nous leur coupions les vivres ? L'homme christifié est tel l'Adam primordial. Libre parce qu'attaché par amour à Dieu. Nous n'exercons pas notre volonté de réintégration sur toutes choses, mais sur nous. Et c'est déjà fabuleux.


(1) Partie II, chapitre I, paragraphe 4 : La rencontre de l'homme et de Dieu.
(2) Composante corps/âme/esprit.
(3) Sermons XLV, 4, De diversis.

dimanche 18 octobre 2009

L'enfant justifie la Sagesse

Il est coutume de dire que le plan du salut contient dans la chute la promesse de la rédemption. En effet, le lignage d'Adam et Eve "écrasera la tête" du serpent (Genèse 3,15) d'une part, et d'autre part l'être humain "retournera à la glaise" d'où il a été tiré (Gn 3,19). Rien n'est dit sur l'âme vivante insufflée par Dieu en Adam (Gn 2,7), et il est juste de croire que son chemin est celui d'une réintégration originelle en Dieu.
La matière corruptible ne pouvait exister que par un retrait de l'Esprit incorruptible divin. Son Etre "remplissait" tout l'Univers, et utiliser les termes "remplir" et "Univers est par trop entaché de conceptions humainement limitées. Nous jugeons tout d'après nos valeurs temporelles et spatiales, et nous en éloigner conduit au mystère. L'intériorisation et la prière ouvrent alors des portes fermées à l'entendement. Le silence qui entoure ces choses n'est pas muet non plus, ne confondons pas. Le symbolisme est toujours aussi bavard.

Par rapport à ce salut contenu dans la chute, regardons du côté de la corruptibilité charnelle et spirituelle humaine. Le corps de chair retourne à l'élément "terre" dont il est issu, attendant d'en être relevé par la résurrection incorruptible (1 Corinthiens 15,42). L'âme vivante retourne à l'Esprit vivifiant en montant dès à présent l'échelle de Jacob qui est le Christ (Jean 1,51).

Serions-nous comme des dieux ici bas, nous n'aurions besoin ni de nous relever, ni de nous tourner vers une autre source de divinité que la nôtre ! Cette fragilité inhérente à notre condition est aussi une grâce de vacuité, un vide à combler : "Si donc quelqu'un se préserve des fautes dont je parle, il sera un vase noble, sanctifié, utile au Maître, propre à toute œuvre bonne." (2 Timothée 2,21).
La voie d'enfance prend alors tout son sens. « En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux." (Matthieu 18,3). Les petits enfants recourent à leurs parents en tout, pour tout avec confiance. C'est la clé. Notre faiblesse est structurelle, c'est notre épine dans la chair, mais une épine qui est un pont vers la Providence.
Le Curé d'Ars disait que "l'homme est un pauvre qui a besoin de tout demander à Dieu", et Thérèse Martin (Ste Thérèse de l'Enfant Jésus 'Docteur de l'Eglise' en a fait sa théologie).



La Sagesse n'a-t-elle pas été "justifiée par tous ses enfants ?" (Luc 7,35). C'est notre faiblesse qui appelle sa force, notre pauvreté qui invite sa richesse, notre incapacité qui laisse le champ libre à sa grâce. Réjouissons-nous en donc.

Références de lecture :
Jakob Boehme, Nicolas Berdiaev, L.C. de St Martin.

samedi 10 octobre 2009

Une planche Rectifiée

Nous avons tous une manière différente d'aborder une "planche".

Mais il y a des constantes traversant ces sensibilités particulières, la nécessité de bosser sérieusement. Au jeu des correspondances et des analogies à faire entre le rituel, des ouvrages et votre intuition les dangers sont nombreux. Suivre ses propres lumières en est un, et une rectification sur l'Etoile du Christ toujours utile.

Voici quelques "trucs" qui me servent, faites-en ce que vous voulez :

  • Commencez tôt, les relectures en seront simplifiées jusqu'au dernier moment et les idées auront le temps de s'affiner... sauf si vous ne travaillez bien que dans l'urgence !
  • Citez vos sources au maximum, soyez précis, intégrez les références générales à votre travail et les références précises en notes de bas de page. Le modèle classique de références bibliographiques peut être intéressant (Nom de l'auteur, titre de l'ouvrage, éditeur, Année d'édition, nombre de pages du livre. En plus de ceci, la référence de la page en question est renseignante) ;
  • Liez toujours le sens au symbole auquel cas vous vous perdrez dans une forêt de symboles trop personnels;
  • Si vous êtes dans l'interrogation quant aux rapports du symbole à l'esprit du symbole, dites-le dans votre planche, mais n'affirmez que ce que vous avez vérifié ;
  • Faites du lien entre vos sources pour tisser l'habit formel ;
  • Notez quand vous y pensez les idées qui vous semblent importantes : A la mise en forme, celles qui ne sont pas nécessaires s'évaporeront d'elles-mêmes ; Saisir une notion et la déballer est peu constructif, c'est la "superposition analogique avec (je cite Jean Ursin) le Temps, l'Espace et un 3° élément » qui produira ce tissage cohérent ;
  • Epurez les redites, les phrases trop pompeuses, les exercices de style inutiles. Mais ne mettez pas sous le boisseau ce qui vous tient à coeur !
  • Soyez proches de votre V.M. et de vos Surveillants de Colonne. La fonction de second Surveillant est capitale ; Il est le référent direct des Apprentis et c'est sur de bonnes bases que l'on construit bien.
  • Etc...

Dans le contexte général où elle sera lue :

Faites preuve d'humilité. Le Maître que vous serez demain sourira peut-être en relisant ses anciens travaux ;
Ne rougissez pas non plus de ce que vous êtes : C'est vous, c'est votre vie et le chemin qui vous a mené ici ;
Ne prenez pas ombrage de "commentaires" qui pourront être faits : Un travail n'a pas a être jugé, recevez les remarques comme une valeur ajoutée s'il y en a.

Et vous, comment faites vous ?




samedi 22 août 2009

Le bateau de 1809 ans


"En premier lieu, je ne dis pas que tout illuminé soit franc-maçon : je dis seulement que tous ceux que j'ai connus, en France surtout, l'étaient ; leur dogme fondamental est que le christianisme, tel que nous le connaissons aujourd'hui, n'est qu'une véritable loge-bleue(1) faite pour le vulgaire ; mais qu'il dépend de l'homme de désir de s'élever de grade en grade jusqu'aux connaissances sublimes, telles que les possédaient les premiers chrétiens qui étaient de véritables initiés. C'est ce que certains allemands ont appelé le christianisme transcendantal. Cette doctrine est un mélange de platonisme, d'origénianisme et de philosophie hermétique, sur une base chrétienne.
Les connaissances surnaturelles sont le grand but de leurs travaux et de leurs espérances ; ils ne doutent point qu'il ne soit possible à l'homme de se mettre en communication avec le monde spirituel, d'avoir un commerce avec les esprits et de découvrir ainsi les plus rares mystères.
Leur coutume invariable est de donner des noms extraordinaires aux choses les plus connues sous des noms consacrés : ainsi un homme est pour eux un mineur, et sa naissance, émancipation. Le péché originel s'appelle le crime primitif : les actes de la puissance divine ou de ses agents dans l'univers s'appellent des bénédictions, et les peines infligées aux coupables, des pâtiments. Souvent je les ai tenus moi-même en pâtiment, lorsqu'il m'arrivait de leur soutenir que tout ce qu'ils disaient de vrai n'était que le catéchisme couvert de mots étranges. (...)

Ce n'est pas au reste qu'il ne puisse y avoir et qu'il n'y ait réellement dans leurs ouvrages des choses vraies, raisonnables et touchantes, mais qui sont trop rachetées par ce qu'ils y ont mêlé de faux et de dangereux, surtout à cause de leur aversion pour toute autorité et hiérarchie sacerdotales. (...)

Le plus instruit, le plus sage et le plus élégant des théosophes modernes, Saint-Martin, dont les ouvrages furent le code des hommes dont je parle, participait cependant à ce caractère général. Il est mort sans avoir voulu recevoir un prêtre ; et ses ouvrages présentent la preuve la plus claire qu'il ne croyait point à la légitimité du sacerdoce chrétien. (...)

Mais il faut lire surtout la préface qu'il a placée à la tête de sa traduction du livre des "Trois Principes", écrit en Allemand par Jacob Böhme : cest là qu'après avoir justifié jusqu'à un certain point les injures vomies par ce fanatique contre les prêtres catholiques, il accuse notre sacerdoce en corps d'avoir trompé sa destination, c'est-à-dire, en d'autres termes, que Dieu n'a pas su établir dans sa religion un sacerdoce tel qu'il aurait dû être pour remplir ses vues divines. (...)

J'irai cependant mon train, messieurs, comme si le Tout-Puissant avait réussi, et tandis que les pieux disciples de Saint-Martin, dirigés, suivant la doctrine de leur maître, par les véritables principes, entreprennent de traverser les flots à la nage, je dormirai en paix dans cette barque qui cingle heureusement à travers les écueils et les tempêtes depuis mille huit cent neuf ans."


Joseph de Maistre, les soirées de St Pétersbourg, 11° entretien.

L'intelligence et la foi de De Maistre se heurtèrent à la théurgie Pasquallienne, et au libéralisme spirituel de Louis Claude de St Martin. Le comte, est-il besoin de le préciser, adhéra sa vie durant de coeur et de raison aux mystères catholiques dont il fut l'ardent défenseur contre-révolutionnaire. Un brillant esprit peu accessible à la mentalité moderne. Etonnant, non ?

(1) Loge bleue : Premiers et préparatoires grades d'Apprenti à Maître.


lundi 10 août 2009

La Chancelade, une abbaye élémentaire


Entre guerre et pillages, l'abbaye de la Chancelade à proximité de Périgueux a su conserver l'essentiel de ses murs.
Ce qui nous intéresse, ce sont les modillons sous la première corniche en façade. Et plus précisément ceux du centre, au dessus du portail principal. Comme sa petite soeur la chapelle St Jean à quelques mètres, l'abbaye est traditionnellement orientée. Au fait, pourquoi donc respecter des canons de construction, des orientations, des dimensions et des symbolismes ? Parce que le visible n'est que l'ombre des choses invisibles, en miroir leur représentation ; Par analogie et comparaison, un chemin d'éveil et de compréhension.

Donc, observons ces 4 modillons centraux en détail. De droite à gauche :


- 3 barres : l'onde, l'eau ;
- La tortue : La terre ;



- La boule rayonnée : le feu ;
- la fleur aux 6 pétales, le meilleur pour la fin : La fleur de vie.

La fleur de vie est un dessin géométriquement obtenu grâce au tracé de 7 cercles. Il se retrouve un peu partout sur la planète, mais n'allez pas trop loin. Lorsque vous irez faire vos dévotions dans une église, chapelle ou cathédrale, essayez de la retrouver dans une géométrie de symboles, de vitraux, de dallages, de décors, ou tout simplement taillée ou gravée dans la pierre. Il paraît même que l'on retrouve dans la fleur de vie une quantité sérieuse de symboles fort connus.

Si vous l'avez senti venir, vous avez remarqué qu'il manque un quatrième élément sur les modillons : l'air. Mais n'est-il pas lui-même ce principe qui permet l'opération des trois autres sans en être un, le "char de la vie des éléments" comme l'écrit Louis-Claude de St Martin dans son ouvrage "Des erreurs et de la Vérité" : "(...) ce n’est que par son secours qu’ils peuvent recevoir le soutien de leur existence." Une structure interne à toute chose, un peu comme une fleur de vie.

Voilà, bonne géométrie. Un dernier petit commentaire sur la façade de l'abbaye : son oeil-fenêtre est décalé par rapport au portail. Tiens donc. Hasard dû à des modifications architecturales, possible. Pensez à rectifier votre marche tout de même si vous entrez et prenez la nef. C'est bien la fenêtre qui est dans l'axe si vous souhaitez marcher droit jusqu'au choeur.

lundi 13 juillet 2009

Vive le 14 juillet !


Le bon Danton

Vive le 14 juillet ! Vive la liberté et la raison révélées au monde ; Et ce n'est pas le millier de massacrés aux premiers jours de septembre 1792 dans les prisons parisiennes de l'Abbaye, de la Force et des Carmes qui terniront ces principes.
Il ne ternira pas la joie de l'égalité, le règne de la guillotine dans l'année 1793-1794 qui, réduisant d'une tête les citoyens réfractaires par charrettes de 50 fit sentir dans tout le quartier du Trône la fétide odeur du sang décomposé.

Le mariage républicain permit alors aux citoyens de s'unir jusqu'à ce que la mort les sépare ; Dans sa bienveillance, Carrier à Nantes le permit aussi aux ennemis de l'ordre, en attachant des couples jetés solidaires dans la Loire parmi les 500 noyés par nuit.

Qu'importe si St-Just et quelques amis firent tanner des peaux humaines, qu'importe la table rase faite du passé religieux dans les incendies d'églises. Ne boudons pas notre plaisir.

Bon 14 juillet !

dimanche 5 juillet 2009

Sur les erreurs du modernisme

La nécessité de progrès posé comme une religion, toute pensée traditionnelle devient contrevenante au dogme moderniste.

Une lettre encyclique du Pape Pie X parue en 1907 met en garde les pasteurs du troupeau (l'Eglise) ; Les attaques contre le "dépôt traditionnel de la foi" viennent de l'intérieur, les "profanes nouveautés de langage" et les "contradictions de la fausse science" cherchent à "annuler les vitales énergies de l'église."

Extraits choisis. D'actualité.
"Disons donc, pour rendre pleinement la pensée des modernistes, que l'évolution résulte du conflit de deux forces, dont l'une pousse au progrès, tandis que l'autre tend à la conservation.

La force conservatrice, dans l'Eglise, c'est la tradition, et la tradition y est représentée par l'autorité religieuse. Ceci, et en droit et en fait: en droit, parce que la défense de la tradition est comme un instinct naturel de l'autorité; en fait, parce que, planant au-dessus des contingences de la vie, l'autorité ne sent pas, ou que très peu, les stimulants du progrès. (...)

On comprend maintenant l'étonnement des modernistes quand ils sont réprimandés et frappés. Ce qu'on leur reproche comme une faute, mais c'est ce qu'ils regardent au contraire comme un devoir sacré. (...)

Ceci est chez eux une volonté et une tactique: et parce qu'ils tiennent qu'il faut stimuler l'autorité, non la détruire ; et parce qu'il leur importe de rester au sein de l'Eglise pour y travailler et y modifier peu à peu la conscience commune: avouant par là, mais sans s'en apercevoir, que la conscience commune n'est donc pas avec eux, et que c'est contre tout droit qu'ils s'en prétendent les interprètes. (...)

Trois choses, ils le sentent bien, leur barrent la route : la philosophie scolastique, l'autorité des Pères et la tradition, le magistère de l'Eglise.(...)

Naturellement, les modernistes étendent aux saints Pères le jugement qu'ils font de la tradition. Avec une audace inouïe, ils les déclarent personnellement dignes de toute vénération, mais d'ailleurs d'une ignorance incroyable en matière d'histoire et de critique et qui ne peut être excusée que par le temps où ils vécurent. (...)

Enfin, ils s'évertuent à amoindrir le magistère ecclésiastique et à en infirmer l'autorité, soit en en dénaturant sacrilègement l'origine, le caractère, les droits, soit en rééditant contre lui, le plus librement du monde, les calomnies des adversaires. Au clan moderniste s'applique ce que Notre prédécesseur écrivait, la douleur dans l'âme: Afin d'attirer le mépris et l'odieux sur l'Epouse mystique du Christ, en qui est la vraie lumière, les fils des ténèbres ont accoutumé de lui jeter à la face des peuples une calomnie perfide, et, renversant la notion et la valeur des choses et des mots, la représentent comme amie des ténèbres, fautrice d'ignorance, ennemie de la lumière, de la science, du progrès. Après cela, il n'y a pas lieu de s'étonner si les modernistes poursuivent de toute leur malveillance, de toute leur acrimonie, les catholiques qui luttent vigoureusement pour l'Eglise. (...)

En ce qui regarde les prêtres correspondants ou collaborateurs - pour employer les mots courants - comme il n'est pas rare qu'ils glissent dans les journaux ou revues des articles entachés de modernisme, il appartient aux évêques de les surveiller, et, s'ils les prennent en faute, de les avertir d'abord, puis de leur interdire toute espèce de collaboration ou correspondance. (...)

(Evêques et prêtres : ) Leur attention se fixera très particulièrement sur la nouveauté des mots et ils se souviendront, à ce sujet, de l'avertissement de Léon XIII: On ne peut approuver, dans les écrits des catholiques, un langage qui, s'inspirant d'un esprit de nouveauté condamnable, parait ridiculiser la piété des fidèles, et parle d'ordre nouveau de vie chrétienne, de nouvelles doctrines de l'Eglise, de nouveaux besoins de l'âme chrétienne, de nouvelle vocation sociale du clergé, de nouvelle humanité chrétienne, et d'autres choses du même genre. (...)"

Et depuis ?

samedi 4 juillet 2009

C'est reparti...



Cette folle année ne m'a guère laissé le temps de quoi que ce soit. Ni lire tout mon saoul, ni travailler comme je le désirais. Et surtout travailler sur ce blog.
Je reprends ma plume, enfin mon clavier, et je repars au combat. Un signe du temps retrouvé : J'ai fini deux livres hier après-midi, deux ouvrages commencés il y a un an.

Une planche d'abord. Les marques se reprennent. Je jette des idées, je laisse un temps. Je reprends, modifie, laisse reposer. Et puis les idées fusent, le clavier intarissable déroule son tapis noir sur fond blanc de phrases plus ou moins bien faites. Jusqu'au dernier jour, corriger, changer, s'interroger sur le nécessaire et le superflu.

Et puis ce blog : Tantôt des vieilles pierres bavardes, tantôt des aspects spirituels, de courtes biographies avec des liens externes, des billets d'humeur sur la folie de notre société auto-mutilante, souffrante mais esperante. Des idées pour vos planches, vos travaux, des pistes de réflexion.

Cordialement,
Le pèlerin ascensionnel

samedi 6 juin 2009

Mes aïeux, Dégénérations

Découverte d'un groupe québécois qui, depuis 1996, semble ne pas vouloir s'arrêter en si bon chemin. Influences musicales traditionnelles et modernes, textes savoureux.



Mes Aïeux, l'histoire.

samedi 9 mai 2009


Détail vitrail église d'Apremont (Vendée)

"Je ne peux plus cacher ici que le désir divin qui se fait sentir dans l'âme humaine, a pour but d'établir l'équilibre entre Dieu et elle, puisqu'un désir vient d'une séparation de substances analogues qui ont besoin d'être unies; or, cet équilibre n'est pas un effort mort et inerte, mais un développement actif des propriétés divines qui constituent l'âme humaine, en tant qu'elle est un extrait universel. (...)
Vous voyez qu'un simple désir animal, tel que la faim, a pour but d'établir l'équilibre entre notre corps élémentaire et la nature, afin de mettre ce corps en état de manifester et d'accomplir toutes les merveilles élémentaires ou les propriétés corporelles dont la nature l'a composé, en tant qu'il est l'extrait de cette nature. Que n'aurait-on donc pas à attendre de ce désir puisé dans un autre ordre, et de ce besoin sacré, dont la source suprême a composé notre essence ?

Homme, si tu veux faire une utile spéculation, observe que ton corps est une expression continuelle du désir de la nature, et que ton âme est une expression continuelle du désir de Dieu;(...)

Mais si ces notions étaient éteintes dans l'âme humaine, c'était à vous, ministres des choses saintes, à les y faire renaître; si ce désir était affaibli dans les hommes, c'était à vous de lui rendre ses forces, en lui en retraçant d'avance les avantages. Quel beau rôle vous auriez eu à faire en travaillant ainsi à opérer dans un ordre si supérieur la réunion de ce qui est séparé et qui se désire !" (*)

L'expérimentateur observe les faits pour en connaître les processus, met en relation la cause et l'effet. Si la sagesse était liée à cette déduction, la logique imposerait aux sciences spécialisées d'éviter immanquablement les aspects les plus néfastes de leur application; Et ceci vaut pour la crise économique mondiale comme pour la scission de l'atome. Mais, englués dans la matière et voulant l'expliquer par sa seule réalité, ne l'éclairant superficiellement que par elle-même, nous nous éclairons par nos propres lumières. Les causes véritables en sont inconnues (parce qu'elles naissent d'un état de dégradation produit par la séparation-source : ce que le Régime Rectifié appelle "la chute" adamique.

Dans cet extrait apparaissent les notions intéressantes de notre origine divine et de notre destination (réintégration).

Laissons les phénomènes s'éclairer d'En-Haut, car cette Lumière se répand en nos coeurs par l'Esprit s'incarnant dans notre désir de Lui. Nos yeux se dessillent alors, révélant la face cachée mais non inconnaissable de la Présence divine ici-bas.

(*) Le Ministère de l'homme-esprit, Louis Claude de Saint Martin.