Où vous trouverez des données sur la spiritualité, les traditions sacrées, les religions, le symbolisme, l'ésotérisme chrétien et les vieilles pierres bavardes.
Où l'idéal chevaleresque s'écrira au fil de ces lignes.
Où vous trouverez des clés pour ouvrir des portes.
Où vous lirez toutes les correspondances avec votre propre pèlerinage et le jeu de l'oie, tantôt à passer des ponts, tantôt à être bloqués dans des compréhensions figées, tantôt propulsés vers quelque nouvelle étape.
Où vous me trouverez peut-être à une croisée de chemins.
Où vous trouverez je l'espère l'étrange et lumineux pèlerin d'Emmaüs.

mercredi 31 octobre 2007

Masques

Est masque ce que nous rendons apparent aux autres. Reflet de ce que nous voudrions de meilleur en nous, nous n'en laissons voir que les éclats les plus avantageux. "De bonne guerre", rajoute l'adage. Tromperie ! Puisqu'il faut offrir au regard du monde un tant soit peu d'extériorité, que celle-là soit vérité. Il ne s'agit pas de paraitre, mais d'être. Et si cet "être" diffuse un peu de la force et de la paix acquises, le masque deviendra inutile. Celui qui jette son masque offre sa fragilité au jugement d'autrui, et y gagne la force de ne pas en dépendre.

Sur nos chapiteaux de colonnes, sculptés sur des modillons, dans nos églises les masques sont partout. Figures humaines ou animales, ils représentent des traits de caractère, des vertus, des sentiments, des bassesses bien connus. De même type que tout élément symbolique, ces masques renvoient à :
- des qualités artistiques (parfois douteuses) et un parti-pris décoratif pour l'oeil profane;
- Des expressions de l'âme humaine (comme dit plus haut) pour l'oeil sensibilisé au sens caché,
- Un miroir de nos propres passions (pour celui qui regarde, analyse et rapporte à soi).

Ce masque gaulois orne une console de colonne dans l'église d'Apremont (Vendée). Son écharpe de fils électriques est d'époque moderne, c'est attesté.

Les grimaces, la farce, le dérisoire, le grotesque ont droit de cité sur les chapiteaux romans de l'église de La Pommeraie-sur-Sèvre (Vendée) en tirant leur légitimité de l'enseignement chrétien. Laideur risible des faiblesses humaines; Celui qui se moque et celui qui provoque la raillerie sont dupes des mêmes sots ressorts.





groins de cochons (sommeille-t-il en nous ?), museaux de chiens (nous jetons-nous sur quelque nourriture spirituelle avariée), tête de mort (je suis ce que vous serez !) et faces bouffies, machoires serrées et joues creusées, tous ces masques offrent à notre regard leurs caractéristiques. Saurons-nous nous reconnaitre ?


Ce détail est intéressant. Une tête/corps montée sur deux bras, en angle de chapiteau. Je n'ose penser qu'il y ait un troisième oeil (est-ce une oreille ?) à gauche de la forme, ce serait encore plus marquant (passé, présent, avenir). Les bras baissés peuvent évoquer le repos, mais aussi une forme de stabilité. Les yeux situés de chaque côté de l'angle regardent vers le passé et vers l'avenir en même temps, c'est une connaissance non partielle, de l'origine à la destination (voir Janus, voir tombeau de François II à Nantes : double visage des quatre vertus gardant le tombeau du duc. J'aime bien celle qui tient le compas, allez savoir pourquoi).


1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'imagine que les deux "ronds" gauche sont les yeux et que celui de droite serait l'oreille. Certes c'est marrant mais on approche d'une tête style "muppet show" et franchement, je doute que ce soit que l'auteur de cette oeuvre ait voulu nous faire passer.