Où vous trouverez des données sur la spiritualité, les traditions sacrées, les religions, le symbolisme, l'ésotérisme chrétien et les vieilles pierres bavardes.
Où l'idéal chevaleresque s'écrira au fil de ces lignes.
Où vous trouverez des clés pour ouvrir des portes.
Où vous lirez toutes les correspondances avec votre propre pèlerinage et le jeu de l'oie, tantôt à passer des ponts, tantôt à être bloqués dans des compréhensions figées, tantôt propulsés vers quelque nouvelle étape.
Où vous me trouverez peut-être à une croisée de chemins.
Où vous trouverez je l'espère l'étrange et lumineux pèlerin d'Emmaüs.

mercredi 2 janvier 2008

Chouette !

J'hulule mes sujets de blog comme hululaient les chouans, imitant la chouette hulotte comme signe de ralliement ou d'avertissement.
La nuit est son royaume. Excellente époque pour évoquer la chouette en cette période de luminosité moindre.

A faire de la symbolique, l'ornière dans laquelle nous pouvons toujours retourner est d'énoncer une liste de significations jamais fouillées, piquées ici et là dans quelque dictionnaire. Une collecte d'éléments qui risqueraient de s'empiler comme les feuilles d'un livre sans jamais être ouvert. Je me propose donc de ne jamais déployer un éventail de données gratuites, mais de joindre celles qui peuvent se lier entre elles dans le cadre d'une expression cohérente de la tradition sacrée dans l'esprit des passeurs de "sens".



Ici en ornement de chapiteau un encadrement de fenêtre (église romane de La Chaize-Giraud, Vendée). La chouette nous parle donc d'obscurité, ou plutôt de lumière nocturne.

Son regard perce les ténèbres, c'est la conscience dans la privation de lumière. Là où règne l'obscurité, elle veille, elle discerne.

Symbole lunaire, n'est-elle pas visible lorsque le soleil se cache ? Comme la lune réfléchissant le soleil invisible, les chouettes romanes ou gothiques nous offrent à voir leur face ronde, tantôt orientées vers l'Autel, réfléchissant le soleil eucharistique, tantôt tournées vers l'extérieur (ici côté Nord/cimetière) pour diffuser la lumière reçue sur le "pays des ombres".


Plutôt néfaste dans la Bible avec le hibou qui lui est proche, En Lévitique 11,17 ces deux rapaces font partie des animaux interdits à la consommation. Idem pour Deutéronome 14,16. Dans le Psaume 102 verset 6, c'est la "Prière pour un malheureux qui dans son accablement répand sa plainte devant Yahvé"; le psalmiste se décrit comme ressemblant "au hibou du désert, (...) pareil à la hulotte des ruines". L'oracle sur Babylone dévastée du prophète Isaïe résonne comme un mauvais augure sur la perle des royaumes, ravagée dans sa gloire, appelée à être le repaire des hibous.

Une autre malédiction du même prophète concerne cette fois les nations (les peuples non-juifs) : "(...) Car c'est une colère de Yahvé contre toutes les nations, une fureur contre toute leur armée. Il les a vouées à l'anathème, livrées au carnage. (...) toute l'armée des cieux se disloque. Les cieux s'enroulent comme un livre, toute leur armée se flétrit, comme se flétrissent les feuilles qui tombent de la vigne, comme se flétrissent celles qui tombent du figuier. (...) Ses torrents se changent en poix, sa poussière en soufre, son pays devient de la poix brûlante. Nuit et jour il ne s'éteint pas, éternellement s'élève sa fumée, d'âge en âge il sera desséché, toujours et à jamais, personne n'y passera. Ce sera le domaine du pélican et du hérisson, la chouette et le corbeau l'habiteront; Yahvé y tendra le cordeau du chaos et le niveau du vide." (Isaïe 34,11).

Je profite de cette prophétie pour noter que le jour de Yahvé (traduction Bible de Jérusalem) est une dislocation céleste, un enroulement du ciel (rapport aux rouleaux scripturaires dont la configuration est perpétuée de nos jours par l'exemple du rouleau de la Torah). Embrasement des airs, chaleur et dessèchement, flétrissement et désertion... Je ne sais si Isaïe parlait d'évènements tels ceux qui se sont déroulés (sans jeu de mot) à Tchernobyl, mais le lien ne peine pas à se faire de lui-même. Et puisque nous en sommes aux images associées, Tchernobyl en ukrainien signifie "armoise" (absinthe). Apocalypse chapitre 8 verset 10 à 11 : "Et le troisième Ange sonna... Alors tomba du ciel un grand astre, brûlant comme une torche. Il tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources; l'astre se nomme "Absinthe" : "le tiers des eaux se changea en absinthe, et bien des gens moururent de ces eaux devenues amères.

Prophétique ou pas, restons vigilants comme des chouettes, et sachons discerner dans la nuit du monde les extinctions de la conscience. "Voici, il ne sommeille ni ne dort, celui qui garde Israël." (Psaume 121, 4).


Restez loyaux et généreux !

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7 commentaires:

antiochus a dit…

Bonjour Gunga din,
Je viens de suivre le vol symbolique de ta chouette à travers les citations de la Bible et ton propre vécu. Je reste confondu de ton érudition mais je profite des chemins que tu ouvres ... Ton premier paragraphe concernant la symbolique et l'ornière dans laquelle il est souhaitable de ne pas tomber me parle haut et fort ! Tu fais plus qu'être dans l'esprit des passeurs de sens ... Tu es un passeur de sens
Antiochus

Anonyme a dit…

Voilà un chouette article :-)

Etoile

Le pèlerin ascensionnel a dit…

Antiochus, je suis sûr que ton savoir est une autre facette de cette connaissance qu'il nous est vital de rejoindre. Et je te rassure, je me trouve à la limite du crétinisme quand j'en lis d'autres.
Comme je le disais, ce n'est pas rassembler ce qui est épars qui nous construit pleinement, mais connecter tout ça ensemble.

Anonyme a dit…

On peut dire aussi que la chouette, recevant la lumière du soleil de manière indirecte, comme à travers un filtre, s’oppose à l’aigle qui ose fixer cette lumière sans se brûler les yeux. L’aigle constitue d’ailleurs l’un des vivants de l’Apocalypse. Voyons la chouette comme le symbole de la connaissance rationnelle qui est imparfaite, et l’aigle comme la connaissance intuitive, la connaissance globale.

Le pèlerin ascensionnel a dit…

Une vraie poursuite du sujet, nous planchons collégialement donc !
Merci pour ta contribution Damiette.

Anonyme a dit…

On peut se demander alors quelle est l’origine de la pensée rationnelle ?

Il faut sans doute se livrer à une certaine interprétation de la Genèse qui repose, non pas sur l’exécution d’un acte répréhensible selon nos codes moraux, mais sur le mystérieux problème de la connaissance qui fait que l’homme s’est imprudemment accaparé un fruit de nature spirituelle, pouvant le conduire à une certaines forme de plaisir et une certaine forme d’intelligence. Ce qui entraîna une conséquence infiniment grave. Au cours du récit de la Chute, nous lisons ceci :

« Yahvé Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit. Puis Yahvé Dieu dit : Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal !... ». ( Gen 3 , 21 )

Nous sommes ici en plein symbolisme, celui du vêtement qui est la forme visible de l’homme intérieur. Il s’agit d’un symbole très fort ! On retrouve d’ailleurs ce symbolisme dans le récit évangélique de la Transfiguration. Ce n’est pas rien !! L’homme du jardin d’Eden vivait probablement sur le mode fusionnel vis-à-vis de son Créateur, mais la grande complexité de la Vie laisse supposer que l’homme n’est pas une « marionnette » dans les mains de son Dieu : il est libre !. Le chemin qui lui est tracé est semé de multiples embûches qui met à l’épreuve cette liberté. L’homme a certainement commis au cours d’une durée plus ou moins longue, non pas une mais plusieurs erreurs dont la gravité était sans nul doute exceptionnelle pour lui et sa descendance. Le fruit défendu est à nos yeux de nature inconnue, mais nous pouvons, à la lecture des textes bibliques, imaginer que cet homme rempli de bonheur, a désiré l’irréparable : concevoir son créateur comme un Être tout puissant certes, mais de nature duale un peu à l’image de nous aujourd’hui : sa volonté s’exprimant à ses yeux par le jeu des contraires. Dieu se connaît alors comme étant schématiquement « zéro » ou « un » suivant les moments de l’existence terrestre, alors que Dieu représente essentiellement l’Unité Suprême. Le péché dit « originel » peut donc s’interpréter comme une violation d’un secret. On demeure, malgré certaines supputations, confronté à un grand mystère.
La chouette est loin d’avoir dit son dernier mot !!!

L’ordre donné par Dieu à l’homme de « cultiver et de garder le jardin d’Eden », signifie essentiellement qu’il doit s’exercer à la Connaissance du Cosmos dans son « état primordial » de pureté et de « transparence métaphysique », tel qu’il se présente lorsqu’il sort des mains du Créateur. Et cette Connaissance s’identifie à la Béatitude de l’Eden. Mais défense est faite à l’homme de « manger de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal ».
Il s’agit de la connaissance de la Dualité ou de la Séparativité, car au lieu de connaître les choses dans l’unité métaphysique de leurs essences, l’homme ne les connaît plus que dans leur diversité et la multiplicité de leurs apparences.

Le pèlerin ascensionnel a dit…

La nature de la chute, la nature de la relation de Dieu à l'Homme, la rétrogradation dans les états de l'être qui s'ensuivit, la liberté de l'homme, la symbolique du vêtement (voir le tissage dans "le symbolisme de la croix" de R. Guénon), etc... que de sujets en soi !

La chouette n'a pas dit son dernier mot, et toi non plus j'espère Damiette !