"La Voie; cachette de toutes chosesLAO TZEU, "La voie et sa vertu", Tao-tê-king
Trésor du juste et salut du coupable
Les belles paroles vous valent du crédit
Les belles actions vous acquièrent du respect
Mais le coupable, à quoi bon le bannir
Si l'on couronne un empereur
Si l'on installe trois ministres
Laisse autrui présenter grands jades et quadriges
Toi, t'avançant sur les genoux offre la Voie
Si les anciens prisaient la Voie, serait-ce
Qu'elle est trouvée par quiconque la cherche
Que sa vertu rachète tout coupable ?
Oui, par la même c'est le trésor du monde."
Eclairé par le non-agir, l'agir se fait spontané, intuitif. Il est un avec le cosmos. Le Tao est l'origine de toutes choses, le retour en lui s'opère dans une attitude sereine, humble, non rivale, éloigné de la violence et des richesses.
Ce poème évoque des thèmes essentiels du Tao-tê-king : La voie discrète réservée aux justes, la clémence réservée aux coupables, le retrait de la course aux honneurs, à la puissance et à l'argent, l'humilité, la valeur et l'efficacité de la Voie.
Et ailleurs : "La voie n'agit jamais or tout est fait par elle". Paradoxe de la réalité du principe-source, dont émane toutes choses créées, mais qui ne produit rien (du parfait ne peut sortir l'imparfait) mais dont l'absence permet l'expression de la matière. Pour peu, nous lorgnerions vers une certaine idée de la genèse portée par la Kabbale (Peut-être me permettrais-je bientôt ici de balbutier ce que mon esprit atrophié tente de saisir d'elle, c'est-à-dire infiniment moins qu'elle exprime).
