A propos des quatre personnages (ange, boeuf, aigle, lion) la plupart du temps liés aux quatre évangélistes, mais dont l'apparition biblique se fait sous l'ancienne alliance dans le livre d'Ezechiel chapitre 1 versets 5 à 14 relayée par le livre de l'Apocalypse (chapitre 4 versets 6 à 8). Les figures sont celles apparaissant avec le char divin, le char de gloire du Vivant, et il n'est pas anodin qu'un prophète de l'Ancien Testament et du Nouveau contemplent symboliquement ces symboles cosmogoniques et théologiques. Un cycle s'est-il accompli ?
Jean Hani dans son "symbolisme du Temple chrétien" note qu'en terme de cosmologie ils "représentent les quatre angles ou piliers du monde, c'est-à-dire les quatre éléments constitutifs du monde physique, ou, plus exactement, les puissances surnaturelles qui régissent ces éléments, puissances issues du Souffle créateur du Verbe. Ils sont également en rapport avec les quatre grandes constellations du zodiaque, l'homme correspondant au Verseau et l'Aigle étant parfois substitué au Scorpion."
Notons au passage la dévitalisante conception moderne qui fait exister l'univers hors de sa réalité d'image de l'ordre divin et éternel.
Il écrit également que "la tradition juive fait correspondre à chacun des êtres les quatre lettres du grand Nom Divin YHWH : Y correspond à l'homme, H au lion, W au taureau et le deuxième H à l'aigle. Ce char symbolise les opérations divines dans le monde, c'est une autre expression de la Révélation naturelle ou cosmique (...) cela signifie d'abord que le monde sensible est l'image du monde spirituel, qu'il le révèle pour qui sait le voir avec "l'oeil du coeur" (...)."
En ce qui concerne l'aspect théologique, de par leur position cardinale orientée vers l'extérieur, ils composent le véhicule du Verbe qui du point central nécessite un haut-parleur humain. Quatre parmi les douze comme le définit Jean Hani, ceux-là (les évangélistes) sont "les supports terrestres de la révélation surnaturelle du Verbe par l'Eglise, qui est déjà prémices du monde futur, régénéré."
Voilà pourquoi sur les tympans de portes ou sur les dômes d'églises, le Christ en gloire entouré des tétramorphes est souvent lié à la fin des temps; la Parole étant allée aux extrémités de la terre et ayant porté ou non son fruit signe la fin d'un temps, notre temps.
Je reviens à Jean Hani et au zodiaque. Illustré par les saisons et les travaux qui leur sont propres, "Il matérialise le cycle céleste, le mouvement du ciel, c'est-à-dire l'activité du Verbe dans le monde. (...) le monde est une révélation cyclique de Dieu dans le temps et l'espace. Le ciel figure le mouvement de la vie, mouvement circulaire autour du soleil divin, comme les planètes et les signes autour du soleil visible. Le cercle du zodiaque se divise en quatre parties, suivant les axes passant par les équinoxes et les solstices. Ces derniers servent à déterminer les saisons. Or, équinoxes et solstices ont reçu le nom de "portes célestes", parce qu'ils sontr les lieux de passage d'ne saison à l'autre, c'est-à-dire d'une "détermination" du temps à une autre. Les deux solstices constituent en quelque sorte les deux pôles du cycle annuel, donc du monde temporel en relation avec l'espace, d'ailleurs, puisqu'il existe une correspondance entre les quatre moments de l'année et les quatre directrions cardinales : le nord correspond au solstice d'hiver, le sud à celui d'été, l'est à l'équinoxe de printemps et l'ouest à celui d'automne. Ces rapports entre les saisons et les points cardinaux, entre le temps et l'espace, définissent les deux caractères essentiels du monde et de l'existence corporels."
A mettre en relation par ailleurs l'aspect ascendant et croissant de la lumière jusqu'au solstice d'été, et descendant et décroissant jusqu'au solstice d'hiver. St Jean Baptiste et St Jean l'Apôtre dont les fêtes coïncident (tiens tiens !) avec les deux solstices imagent pour l'un l'élévation et la plénitude du Messie, et pour l'autre le déclin de son influence et la nécessité de conserver dans la veille le dépôt de la foi. Jusqu'à son terme : Une fin qui n'en est pas une, la fuite de la nuit devant l'augmentation lumineuse des jours.
Alors, si le cercle du zodiaque et le carré du char divin se confondent, arrondissons les angles.



